Aujourd'hui, cela fait 23 ans que « Bruno Sulak, incarcéré à Fleury-Mérogis a tenté sa 3e évasion – découvert par une ronde, il a « sauté » par une fenêtre du 2e étage »
Bruno Sulak: un homme "honnête"
Dans un sens, sa vie a été bien plus « honnête » que celle que beaucoup d'autre, car il n'a jamais trahi ses convictions, quitte a en payer le prix fort. Il n'avait qu'une parole, le sens de l'honneur et pas de sang sur les mains, c'est plus que certains « hommes honnêtes » pourraient dire.
C'est vrai, il a braqué d'abord des supermarchés puis des bijouteries, mais il faut revenir au début de l'histoire pour comprendre comment il en est arrivé à faire ça. Il avait été déclaré déserteur suite a un concours de circonstances malheureux.
Cela faisait 3 ans qu'il était dans la légion où il n'avait pas eu le moindre rapport négatif, il faisait parti des meilleurs et était très apprécié. Il venait de réaliser un de ses rêves: battre le record du monde de chute libre, à ce moment-là son supérieur lui fait du chantage, s'il ne resigne pas pour 3 ans dans la légion, son record ne sera pas homologué. Il refuse qu'on lui force la main de cette manière. Il demande une permission pour le week-end pour aller voir sa famille à Marseille (il est basé en Corse), permission refusé. C'en est trop, il ira quand même à Marseille et reviendra, ni vu ni connu, avant le prochain appel. Enfin c'est ce qu'il avait prévu, mais durant le week-end son régiment était parti pour l'Afrique, il se retrouvait donc déserteur.
Bien sûr, il aurai pu se rendre et payer le prix de son erreur. Mais après 3 ans de bons et loyaux services, on lui fait du chantage, comme il refuse de céder, on lui supprime une permission et en plus il devrait aller en prison. Non, il n'ira pas se rendre.
Donc le voilà en cavale, mais il faut bien vivre et quand on est recherché, c'est pas facile de trouver du travail et surtout qu'il faut être discret. C'est à ce moment-là qu'il fait son premier braquage, avec son beau-frère, dans un supermarché. Ensuite les périodes de prison suivi d'évasions et de cavales s'enchaînent.
Il gardera toujours sa ligne de conduite: jamais de violence. On pourrait se dire, oui, mais pendant les braquages, il était armé et les choses auraient pu mal tourné, un coup de feu ça peut vite partir. Il faut savoir que les 2 premières balles de son arme était toujours « à blanc » et plutôt que de s'en servir, il préférait partir les mains vides, ce qu'il a prouvé à plusieures reprises.
Voilà ce qu'il a dit:
« On ne réussit pas tous les coups, pas à n'importe quel prix ».
« Le butin, lui, ne serait jamais un prétexte à la violence: la violence court les rues, les butins aussi, il est toujours possible de choisir l'un sans l'autre et dans notre cas les butins sans violence ou aucun des deux».
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